CODEINE

Introduction dans BIAM : 18/2/1992
Dernière mise à jour : 5/3/2001
Etat : validée

  • Identification de la substance
  • Propriétés Pharmacologiques
  • Mécanismes d'action
  • Effets Recherchés
  • Indications thérapeutiques
  • Effets secondaires
  • Effets sur la descendance
  • Pharmaco-Dépendance
  • Précautions d'emploi
  • Contre-Indications
  • Voies d'administration
  • Posologie & mode d'administration
  • Pharmaco-Cinétique
  • Bibliographie
  • Spécialités contenant la substance

    Identification de la substance

    Formule Chimique :
    méthoxy-3 N-méthyl époxy-4,5 morphinène-7 ol-6

    Ensemble des dénominations

    BAN : CODEINE
    CAS : 76-57-3 (codéine anhydre)
    CAS : 6059-47-8 (codéine monohydratée)
    autre dénomination : METHYLMORPHINE
    autre dénomination : MORPHINE METHYL ETHER
    bordereau : 765
    sel ou dérivé : CODEINE BROMHYDRATE
    sel ou dérivé : CODEINE CAMSILATE
    sel ou dérivé : CODEINE CATIORESINE SULFONATE
    sel ou dérivé : CODEINE CHLORHYDRATE
    sel ou dérivé : CODEINE IODHYDRATE
    sel ou dérivé : CODEINE PHOSPHATE

    Classes Chimiques

    Molécule(s) de base : CODEINE
    Regime : stupéfiants

    Proprietés Pharmacologiques

    1. MORPHINIQUE (principale certaine)

    2. ANTITUSSIF (principale certaine)

    3. ANALGESIQUE (principale certaine)

    4. SEDATIF (secondaire certaine)

    5. HISTAMINOLIBERATEUR (secondaire certaine)

    6. SUBSTRAT DU CYTOCHROME P450 2D6 (principale certaine)

    7. SUBSTRAT DU CYP 2D6 (principale certaine)

    Mécanismes d'action

    1. principal
      Antitussif par inhibition du passage du stimulus tussigène au niveau des neurones de la medulla oblongata (décrite comme centre de la toux), dans la partie dorsolatérale du bulbe.
      Diminue les sécrétions trachéobronchiques.

    2. secondaire
      Possède par ailleurs à dose élevée certaines autres propriétés de la morphine:
      action analgésique, dépression du centre respiratoire, action spasmogène au niveau du tube digestif et des voies biliaires, augmentation du tonus des fibres musculaires lisses, action émétisante.

    Effets Recherchés

    1. ANTITUSSIF (principal)

    2. ANALGESIQUE (principal)

    3. ANTIDIARRHEIQUE (principal)

    Indications Thérapeutiques

    1. TOUX (principale)
      Traitement symptomatique des toux non productives.

    2. DOULEUR (principale)
      Petit effet additif à celui du paracétamol (méta-analyse, sel de codéine non précisé) :
      - BMJ 1996;313:321-325.

    3. DOULEUR SPASMODIQUE (principale)

    4. DIARRHEE (secondaire)
      Traitement symptomatique.

    Effets secondaires

    1. BOUFFEE VASOMOTRICE (CERTAIN RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

      Secondaire à l'effet histaminolibérateur.

    2. HYPERSUDATION (CERTAIN RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

      Lié à l'effet histaminolibérateur.

    3. ASTHENIE (CERTAIN RARE)

    4. HYPOTENSION ARTERIELLE (CERTAIN TRES RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

    5. HYPOTENSION ORTHOSTATIQUE (CERTAIN TRES RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

    6. TACHYCARDIE (CERTAIN TRES RARE)

    7. PALPITATION (CERTAIN TRES RARE)

    8. ERUPTION CUTANEE (CERTAIN RARE)
      De type variable : exanthème, urticaire.
      Un cas de dermatite généralisée (sel de codéïne non précisé) :
      - Contact Dermatitis 1995;32:120.

    9. URTICAIRE (CERTAIN RARE)
      Le plus souvent dû à l'effet histaminolibérateur, plus rarement par hypersensibilité.

    10. PRURIT (CERTAIN RARE)

    11. ERYTHRODERMIE (CERTAIN TRES RARE)

    12. ERYTHEME POLYMORPHE (CERTAIN TRES RARE)
      - DICP 1983;17:128-130.

    13. ERYTHEME PIGMENTE FIXE (CERTAIN TRES RARE)
      Un cas, à 3 occasions, 6 à 8 heures après la prise (sel de codéïne non précisé) :
      - Br J Dermatol 1996;135:498-499.

    14. DYSURIE (CERTAIN TRES RARE)
      Par augmentation du tonus du sphincter vésical.

    15. RETENTION D'URINE (CERTAIN TRES RARE)
      Par augmentation du tonus du sphincter vésical.

    16. POLLAKIURIE (CERTAIN TRES RARE)

    17. ANOREXIE (CERTAIN RARE)

    18. NAUSEE (CERTAIN RARE)
      Par stimulation de la trigger zone du centre du vomissement dans l'area postrema.

    19. VOMISSEMENT (CERTAIN RARE)
      Par stimulation de la trigger zone du centre du vomissement dans l'area postrema.

    20. CONSTIPATION (CERTAIN FREQUENT)
      Par diminution du péristaltisme intestinal.

    21. SPASME DU SPHINCTER D'ODDI (CERTAIN TRES RARE)
      Avec hyperpression des tractus biliaire et pancréatique, il peut s'accompagner d'une élévation des LDH.

    22. TRANSAMINASES(AUGMENTATION) (CERTAIN TRES RARE)
      De mécanisme inconnu.

    23. PANCREATITE AIGUE (A CONFIRMER )
      Un cas à 2 reprises chez un adulte ayant subi une cholécystectomie :
      - Gut 1997;41:705-706.
      Quatre cas décrits :
      - Am J Gastroenterol 2000;95:3295-3298.

    24. SOMNOLENCE (CERTAIN RARE)

    25. VERTIGE (CERTAIN RARE)

    26. EXCITATION PSYCHOMOTRICE (CERTAIN TRES RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

    27. EUPHORIE (CERTAIN RARE)

    28. ANXIETE (CERTAIN TRES RARE)

    29. CONFUSION MENTALE (CERTAIN TRES RARE)

    30. MYOSIS (CERTAIN RARE)

    31. MYOPIE (CERTAIN TRES RARE)
      Transitoire.

    32. DEPRESSION RESPIRATOIRE (CERTAIN RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

      Par effet dépresseur sur les centres respiratoires du tronc cérébral.
      Elle n'entrainerait pas, aux doses analgésiques, de dépression respiratoire chez des sujets présentant une insuffisance respiratoire chronique obstructive :
      - Pharmacol Toxicol 1990;66:335-340.

    33. BRONCHOCONSTRICTION (CERTAIN TRES RARE)
      Condition(s) Favorisante(s) :
      FORTES DOSES

      Secondaire à l'effet histaminolibérateur.

    34. HYPOSECRETION BRONCHIQUE (CERTAIN RARE)

    35. SECHERESSE DE LA BOUCHE (CERTAIN RARE)

    36. REACTION D'HYPERSENSIBILITE (CERTAIN TRES RARE)
      A type d'éruption cutanée.

    37. FRACTURE (A CONFIRMER )
      La codéine augmenterait la fréquence des fractures de la hanche chez les sujets âgés (enquête sur 4500 sujets) :
      - J Gerontol 1992;47:M111-M115.

    38. APNEE (A CONFIRMER )
      Un cas chez un enfant de 5 ans présentant une insuffisance rénale chronique à l'origine d'une accumulation de morphine-6-glucuronide (sel de codéine non précisé) :
      - Clin Pediatr 1997;36:171-173.

    39. HYPERCORTICISME (A CONFIRMER )
      Un cas d'hypercorticisme aigü chez un toxicomane lors d'un sevrage:
      - Presse Med 1998;27:912-913.

    Effets sur la descendance

    1. TERATOGENE CHEZ L'ANIMAL
      Tératogène chez le hamster (malformations craniofaciales).
      - Am J Obstet Gynecol 1975;123:705-713.
      Retard d'ossification chez la souris:
      - J Pharm Sci 1977;66:1727-1730.

    2. RISQUE TERATOGENE DISCUTE CHEZ L'HOMME
      Une étude prospective américaine, comprenant 563 femmes ayant pris de la codéine au cours des 4 premiers mois de leur grossesse a mis en évidence la possibilité d'une relation entre la prise de codéine et une augmentation de malformations respiratoires minimes. Les résultats de cette enquête n'ont pas été confirmés ultérieurement.
      - Littleton MA 1977:286-295 . Birth defects and drugs in pregnancy.

      Au total, le risque semble faible, mais par prudence, éviter la prise de codéine au cours du premier trimestre de la grossesse.

    3. TOXICITE PERINATALE
      Risque de syndrome de sevrage survenant entre le premier et le 3ème jour après la naissance; ou risque d'intoxication (dépression respiratoire) .
      Au total, éviter la codéine au cours du dernier trimestre de la grossesse.

    4. SYNDROME DE SEVRAGE NEONATAL
      Se manifestant par une hyperexcitabilité, une diarrhée et une rhinorrhée, ces symptomes pouvant se voir entre le premier et le 3ème jour après la naissance.

    5. DEPRESSION RESPIRATOIRE NEONATALE

    Pharmaco-Dépendance

    1. RISQUE MODERE
      Provoque un syndrome de sevrage qui se développe plus lentement et avec moins d'intensité que pour la morphine.
      - JAMA 1974;230:1440.
      - Bulletin de l'OMS 1970;Suppl 43:Dependence liability of non narcotic drugs.
      - OMS 1970; Comité d'experts de la pharmacodépendance.

    Précautions d'emploi

    1. INSUFFISANCE HEPATOCELLULAIRE

    2. INSUFFISANCE RESPIRATOIRE
      La codéine n'entrainerait pas, aux doses analgésiques, de dépression respiratoire chez les sujets présentant une insuffisance respiratoire chronique obstructive.
      - Pharmacol Toxicol 1990;66:335-340.

    3. INSUFFISANCE RENALE SEVERE

    4. UTILISATEUR DE MACHINE
      En raison du risque de somnolence.

    5. CONDUCTEUR DE VEHICULE
      En raison du risque de somnolence.

    6. HYPOTHYROIDIE
      En raison du risque de survenue d'un coma myxoedémateux.

    7. INSUFFISANCE SURRENALE

    8. ADENOME PROSTATIQUE

    9. SUJET AGE

    10. GROSSESSE(DERNIER MOIS)
      En raison du risque de dépression respiratoire ou de syndrome de sevrage chez le nouveau-né.

    11. ALLAITEMENT
      Passage très faible dans le lait. Pas d'accident rapporté; à déterminer en fonction du rapport bénéfice/risque.

    12. BRONCHORRHEE

    13. TRAUMATISME CRANIEN

    14. SYNDROME DOULOUREUX ABDOMINAL D'ETIOLOGIE INCONNUE

    Contre-Indications

    1. ENFANT DE MOINS DE 30 MOIS
      Risque de dépression respiratoire.

    2. GROSSESSE(TROIS PREMIERS MOIS)

    3. HYPERSENSIBILITE A CETTE SUBSTANCE

    4. INSUFFISANCE RESPIRATOIRE SEVERE

    5. INSUFFISANCE HEPATOCELLULAIRE SEVERE

    Voies d'administration

    - 1 - ORALE

    Posologie et mode d'administration

    N'est commercialisé en France qu'en association.
    Dose par voie orale chez l'adulte:
    - dose usuelle:
    Soixante milligrammes par 24 h en 3 prises.
    - dose maximale:
    * par prise:
    Cent milligrammes.
    * par 24h:
    Trois cents milligrammes..

    Dose usuelle par voie orale chez l'enfant:
    - De 30 mois à 8 ans:
    0,5 milligramme par kilo par 24 h en plusieurs prises.
    - de 8 à 15 ans:
    Un milligramme par kilo par 24 h en plusieurs prises.

    Pharmaco-Cinétique

    - 1 - DEMI VIE 3 heure(s)
    - 2 - ELIMINATION voie rénale
    - 3 - ELIMINATION voie fécale

    Absorption
    Bonne résorption après administration orale.
    Pic plasmatique en 1h environ après prise orale.
    - Br J Clin Pharmacol 1991;31:381-390.
    Répartition
    Diffusion vers le SNC.
    Passe la barrière placentaire.
    Rapport salive/plasma voisin de 3 à 4.
    - Br J Clin Pharmacol 1991;31:381-390.
    Demi-Vie
    3 heures.
    - Br J Clin Pharmacol 1991;31:381-390.
    Métabolisme
    Hépatique.
    Il existe 3 voies métaboliques:glucuroconjugaison, 0-déméthylation en morphine, N-déméthylation en norcodéine.
    Elimination
    Rein.
    Elimination rapide, 2/3 en 6 heures, complète en 24h avec 40% de codéine libre ou conjuguée, 5 à 10% de morphine libre ou conjuguée, 10 à 20% de norcodéine libre ou conjuguée.
    80% de la dose sont éliminés par voie urinaire, dont 60% sous forme de 6-glucuronocoide, 7% sous forme de morphine, 7% sous forme de norcodeine et 12% sous forme inchangée.
    - Br J Clin Pharmacol 1991;31:381-390.
    Fécès:
    Traces.





    Bibliographie

    - Produits Probl Pharm 1956;11:867.
    - Produits Probl Pharm 1957;12:33.
    - Produits Probl Pharm1967;21:514.
    - Pharmacol rev1958;10:43 .
    - Pediatrics 1978;62(1):118.
    - Clin Pharmacol Ther 1977;22:439.
    - Eur J Clin Pharmacol 1986;30:673-677.

    Spécialités

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